Nouveaux objectifs dans la recherche sur la migraine : quelle est la prochaine étape après le GCRP ?
Les traitements à base de CGRP ont révolutionné le traitement de la migraine, mais ils ne sont pas efficaces chez tout le monde. Aujourd'hui, la recherche se concentre sur de nouvelles molécules cibles : le PACAP, les canaux ioniques et les marqueurs génétiques pourraient permettre le développement d'une nouvelle génération de médicaments.

Le développement de traitements contre le peptide lié au gène de la calcitonine (CGRP) a entraîné un boom dans la recherche sur la migraine. Mais si ces traitements ont été révolutionnaires pour de nombreuses personnes concernées, d'autres n'ont montré que peu d'effet thérapeutique. La science recherche donc d'autres pistes.
PACAP – un candidat prometteurLa prochaine grande avancée pourrait être un traitement préventif ciblant le PACAP (polypeptide activateur de l'adénylate cyclase hypophysaire). Comme le CGRP, le PACAP est un peptide impliqué dans le processus migraineux, mais il en diffère sur des points importants.
Le PACAP est plus fréquent que le CGRP dans l'hypothalamus, qui contrôle certaines parties du système nerveux parasympathique. Contrairement au CGRP, il est fortement exprimé dans le ganglion sphénopalatin, ce qui indique un autre point chaud pour les crises de migraine. De plus, le PACAP semble jouer un rôle plus important que le CGRP dans les prodromes, les signes avant-coureurs d'une crise.
L'hypothèse : si le CGRP est la principale cause de la migraine chez certaines personnes, le PACAP pourrait jouer un rôle décisif chez d'autres. Les premières études cliniques avec des anticorps PACAP sont déjà en cours.
Autres pistes de rechercheLe PACAP n'est pas la seule cible. Les chercheurs étudient plusieurs pistes prometteuses :
• Les récepteurs opioïdes, qui pourraient soulager la douleur sans les risques liés aux opioïdes traditionnels
• Le peptide intestinal vasoactif (VIP) et d'autres neuropeptides apparentés au CGRP
• Les canaux TRP (Transient Receptor Potential) sur les membranes cellulaires
• Les canaux potassiques, qui influencent l'activité électrique entre les cellules
La génétique apporte de nouvelles connaissancesLes experts partent du principe que la plupart des formes de migraine sont des maladies polygéniques, c'est-à-dire que plusieurs gènes sont impliqués. Grâce aux études d'association pangénomique (GWAS), les chercheurs peuvent aujourd'hui comparer simultanément les données génétiques de centaines de milliers de personnes.
La dernière GWAS sur la migraine, réalisée en 2022, a identifié environ 180 loci génétiques associés à la maladie. Parmi ceux-ci, 86 loci n'avaient pas encore été découverts dans des études antérieures. Ces découvertes aident à identifier des cibles thérapeutiques prometteuses et à reconnaître des schémas pouvant conduire à des traitements plus efficaces.
Les différentes réactions aux traitements par CGRP montrent que, chez certaines personnes, d'autres substances jouent un rôle plus important dans le cerveau. La recherche sur de nouvelles molécules cibles laisse espérer qu'à l'avenir, davantage de patients migraineux pourront bénéficier de traitements spécifiques.
Sources• Meglio M. Phase 2 PROCEED Trial of PACAP-Targeting Antibody Lu AG09222 in Migraine Announced. Neurology Live. Mars 2024.• Silvestro M et al. Migraine Treatment: Towards New Pharmacological Targets. International Journal of Molecular Sciences. Juillet 2023.• Genome-Wide Association Studies (GWAS). National Human Genome Research Institute. Avril 2024.• Grangeon L et al. Genetics of Migraine: Where Are We Now? The Journal of Headache and Pain. Février 2023.